découvrez les raisons derrière la baisse des remboursements d’ostéopathie et les implications pour les patients et les professionnels de santé.

Pourquoi les remboursements d’ostéopathie sont en baisse

Alors que l’ostéopathie est devenue un recours de soin courant pour des millions de Français, une recommandation du Sénat menace de retirer sa prise en charge des contrats de mutuelles les plus répandus. Cette perspective soulève de vives inquiétudes chez les patients et les professionnels, qui craignent un recul de l’accès aux soins et une fragilisation économique de toute une filière. Le débat est désormais lancé, oscillant entre impératifs budgétaires et enjeux de santé publique.

En bref :

  • 🏛️ Une menace politique : Le Sénat et le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie recommandent d’exclure l’ostéopathie des remboursements des contrats dits « responsables », qui concernent 96 % des assurés.
  • 😟 L’impact sur les patients : Une étude Odoxa révèle qu’un tiers des patients, notamment les plus jeunes et les plus modestes, renonceraient aux soins en cas de déremboursement.
  • 💰 Un risque de transfert de coûts : Plutôt qu’une économie, cette mesure pourrait entraîner un report des dépenses vers la Sécurité sociale, déjà en déficit, car les patients se tourneraient vers des professionnels de santé remboursés.
  • 👩‍⚕️ Une profession en danger : Avec un revenu médian proche du SMIC pour 50 % des praticiens, une baisse de fréquentation mettrait en péril l’équilibre économique de nombreux ostéopathes.
  • 📣 Une mobilisation massive : Les organisations professionnelles, soutenues par de nombreux parlementaires et une pétition citoyenne, se mobilisent pour préserver le remboursement de cette discipline plébiscitée.

L’ostéopathie dans le viseur des contrats responsables

La sonnette d’alarme a été tirée suite à une recommandation émise par le Sénat, visant à sortir les soins ostéopathiques du panier de soins remboursés par les contrats dits « responsables et solidaires ». Ces contrats représentent l’écrasante majorité (plus de 96 %) des complémentaires santé souscrites en France. Concrètement, si cette mesure était appliquée, la plupart des mutuelles n’auraient plus la possibilité d’inclure cette garantie dans leurs offres de base.

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Cette proposition intervient alors même que l’ostéopathie est solidement ancrée dans le parcours de soins des Français. Un sondage Odoxa récent montre que 82 % de la population est favorable au maintien de son remboursement. Cette pratique, reconnue et réglementée depuis 2007, nécessite cinq années d’études supérieures et répond à une demande croissante pour des solutions non médicamenteuses face aux troubles musculosquelettiques. Il devient donc crucial pour chacun de se demander si sa mutuelle est suffisante face à ces évolutions.

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Un accès aux soins menacé pour des millions de Français

Les conséquences d’un tel déremboursement seraient immédiates pour les patients. L’étude d’impact menée par Odoxa est sans appel : 33 % des personnes consulteraient moins leur ostéopathe, voire plus du tout. Ce renoncement aux soins toucherait en premier lieu les populations les plus vulnérables, comme les jeunes de moins de 35 ans et les catégories socio-professionnelles les moins aisées.

Cette situation créerait une médecine à deux vitesses, où l’accès à l’ostéopathie deviendrait un luxe réservé à ceux qui peuvent se le permettre. Au-delà de l’aspect financier, cela remet en cause le principe de liberté de choix thérapeutique et de mutualisation des risques, qui est au cœur du modèle solidaire français. La question de savoir quels remboursements pour les soins non conventionnels est aujourd’hui plus pertinente que jamais.

Le spectre du report de charges sur la sécurité sociale

L’argument principal en faveur du déremboursement est la maîtrise des dépenses des complémentaires santé. Pourtant, cette logique pourrait s’avérer contre-productive. L’analyse du sondage révèle un effet de bord majeur : 70 % des patients qui renonceraient à l’ostéopathie se tourneraient vers un autre professionnel de santé, majoritairement un médecin généraliste ou un kinésithérapeute, dont les consultations sont prises en charge par l’Assurance Maladie.

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Ce transfert mécanique de dépenses viendrait alourdir le budget de la Sécurité sociale, à un moment où son déficit est déjà abyssal. Une étude économique du cabinet Asteres a même démontré que l’ostéopathie, en agissant en prévention et en réduisant les arrêts de travail pour lombalgie, permettait une économie globale pour la collectivité. La suppression de sa prise en charge par les mutuelles pourrait donc coûter plus cher à l’État qu’elle ne lui en ferait économiser.

Une profession réglementée mais fragilisée sur le plan économique

Derrière les chiffres se trouvent des dizaines de milliers de professionnels dont le modèle économique serait directement menacé. Bien que leur formation soit longue et exigeante, les ostéopathes libéraux font face à une réalité économique tendue. Selon les données de l’UNASA, le bénéfice mensuel médian de la profession s’élevait à 1 458 €, un chiffre à peine supérieur au SMIC.

Une baisse de 33 % de la patientèle, comme le prédit le sondage Odoxa, aurait des conséquences dramatiques. Pour beaucoup, cela signifierait passer sous le seuil de rentabilité, rendant leur activité non viable. Les jeunes diplômés auraient également les plus grandes difficultés à s’installer. Cette précarisation fragiliserait l’ensemble du maillage territorial de cette offre de soins.

Simulation de l’impact d’une baisse de 33 % des patients sur le revenu

Pour illustrer la fragilité de la profession, voici une simulation de ce que deviendrait le bénéfice médian d’un ostéopathe en fonction de la structure de ses charges professionnelles (loyer, assurances, cotisations…).

Structure des charges 📊 Bénéfice mensuel estimé après une baisse de 33 % de l’activité 📉
Hypothèse de charges majoritairement variables Environ 978 €
Hypothèse réaliste (50 % fixes / 50 % variables) Environ 617 €
Hypothèse la plus probable (70 % fixes / 30 % variables) Environ 472 €

Dans le scénario le plus réaliste, le revenu disponible chuterait de plus de 60 %, plongeant de nombreux praticiens bien en dessous du seuil de pauvreté. Pour les patients, il est donc sage de consulter un classement des mutuelles qui remboursent l’ostéopathie pour anticiper ces changements.

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Mobilisation générale face au risque de déremboursement

Face à cette menace, la riposte s’organise. L’ensemble des syndicats et associations professionnelles (UPO, SFDO, AFO, etc.) ont uni leurs voix pour alerter les pouvoirs publics et l’opinion. Une pétition nationale a été lancée pour demander le maintien de l’ostéopathie dans le panier de soins des contrats responsables.

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Le sujet a également trouvé un écho important à l’Assemblée Nationale et au Sénat, où de nombreux députés et sénateurs de tous bords politiques ont interpellé le gouvernement via des questions écrites et orales. En réponse, la Ministre de la Santé a tenu des propos se voulant rassurants, mais sans pour autant donner de garanties fermes pour l’avenir. Le combat pour la reconnaissance et le maintien d’un accès équitable à l’ostéopathie est donc loin d’être terminé. Il est crucial d’examiner les garanties invisibles mais essentielles à vérifier sur son contrat et de réfléchir à comment adapter sa mutuelle à ses besoins réels.

Les arguments clés avancés par les défenseurs de la profession sont :

  • ✅ L’efficacité prouvée de l’ostéopathie sur de nombreux troubles, notamment les lombalgies.
  • 🤝 Son rôle dans la prévention et la réduction des arrêts de travail.
  • ⚖️ La nécessité de préserver l’égalité d’accès aux soins pour tous les citoyens.
  • 📈 L’impact économique positif de la profession sur les dépenses de santé globales.

Le déremboursement de l’ostéopathie est-il déjà acté ?

Non, à ce jour, il s’agit d’une recommandation du Sénat et du HCAAM. Aucune décision gouvernementale n’a été prise. La forte mobilisation des professionnels et de certains élus pourrait peser dans la balance.

Pourquoi la Sécurité sociale ne rembourse-t-elle pas directement les séances d’ostéopathie ?

L’ostéopathie, bien que profession réglementée, est classée parmi les pratiques de soins non conventionnelles par l’Assurance Maladie. Sa prise en charge a donc historiquement été déléguée aux assurances complémentaires santé, qui l’utilisent souvent comme un service différenciant.

Quels contrats de mutuelle sont concernés par cette menace ?

La recommandation vise spécifiquement les contrats dits ‘responsables et solidaires’. Ils représentent plus de 96 % du marché. Un déremboursement dans ce cadre impacterait donc la quasi-totalité des assurés bénéficiant aujourd’hui d’une couverture pour l’ostéopathie.

Que puis-je faire si je veux continuer à bénéficier de remboursements ?

Si la mesure venait à être appliquée, il faudrait se tourner vers des contrats non-responsables ou des surcomplémentaires qui proposeraient des garanties spécifiques pour les médecines douces. Ces options sont cependant souvent plus coûteuses et moins courantes.

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